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Portrait : « Jeune talent »


Jiro
– Créatrice de chaussures –

 

Quel âge avez-vous et quels sont votre formation et votre parcours ?

J’ai 32 ans. Après un baccalauréat général et une licence en arts plastiques à l’Université de Strasbourg, je me tourne vers l’artisanat. J’intègre les Compagnons du Devoir et du Tour de France pour un CAP Cordonnier-Bottier sur deux ans, en alternance dans une maison de botterie sur-mesure à Paris. À la suite de mon diplôme, je reste dans cette entreprise, qui est une maison d’art Chanel, et je me spécialise dans le patronage et le piquage.
En 2021 je m’installe dans les Vosges et je crée Jiro en janvier 2022.

@ WEI XING

Pourquoi avez-vous choisi cette voie et ce métier ?

Après ma licence en arts plastiques, je ne me voyais pas rester dans l’Art. Esthète malgré tout, j’avais envie de faire de belles choses. Ma sœur m’a alors demandé « Et les chaussures ? ». Passionnée depuis toujours de mode et de souliers dont je fais collection, c’est apparu comme une évidence et je me suis demandé pourquoi je n’y avais pas pensé avant.

Que vous a apporté votre expérience dans la Maison d’Art Chanel ?

C’est une école d’excellence et de rigueur. J’ai eu beaucoup de chance d’apprendre mon métier dans ces conditions d’exception. Je retiendrai surtout l’opportunité d’avoir participé aux collections Haute Couture, des moments de création et de confection très intenses où j’ai pu travailler avec les plus beaux travaux de broderie, de plumasserie, de tweeds tissés et de fleurs artificielles. Voir son travail prendre part à tout un ensemble, dans un défilé, c’est un moment magique.

 

Qu’apportez-vous ou qu’aimeriez-vous apporter de novateur à ce métier ?

Quand on pense à la botterie, on s’imagine souvent des chaussures vintages ou très classiques. C’est aussi dû au fait que c’est devenu principalement un milieu de souliers genré masculin, avec des codes particuliers, et rares sont les maisons de sur-mesure qui font encore des souliers genré féminin (type escarpins). C’est donc à la fois un petit pari et une opportunité à mon sens. J’espère dépoussiérer cette image et apporter un peu de fraîcheur tout en respectant les techniques traditionnelles.

 

 

Quelles sont votre démarche artistique et vos sources d’inspiration ?

Les idées me viennent facilement. Je crée les modèles que je désire. La plupart du temps, je me demande ce que j’aimerais porter là tout de suite. J’ai aussi beaucoup d’idées qui me viennent en expérimentant directement des techniques, comme le nu-pied Mathilde où j’ai testé de tisser cuir et chutes de laine, le résultat m’a plu, j’en ai fait un modèle.

Quels sont vos projets professionnels ?

J’aimerais continuer à me former à de nouvelles techniques pour proposer des souliers toujours plus beaux. Je garde de mon passage chez Chanel un amour inconditionnel pour les fleurs artificielles, je me suis même procuré des outils pour en faire, il ne manque plus qu’une petite formation. Comme tous les artisan.e.s je pense, j’aime créer du beau et j’aime faire rêver.

En tant que jeune créateur, est-ce difficile de se faire sa place dans ce secteur ?

Créer une nouvelle marque de chaussures, ce n’était pas gagné. Il en existe déjà tellement dans le commerce. À mon sens, pour faire sa place, il est primordial de proposer quelque chose d’inouï dans la démarche et/ou dans le style. C’est pour cela que je propose des souliers artisanaux, originaux et qui s’adaptent également aux mesures de chacun.e.s.

 

 

Qu’attendez-vous du salon résonance[s] ?

C’est le moment de révéler ma nouvelle collection et j’ai hâte de savoir ce que le public va en penser !

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