Portraits de createurs 2019

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PORTRAIT DE CRÉATEUR 

« Jeune talent »

 LÉA DAVILLER, CÉRAMISTE ]

portrait Daviller Léa bd

Atelier : Mirecourt, France

Site : lesceramiquesdelea.com

 

> Quel âge avez-vous et quel est votre parcours ?

J’ai 28 ans, après un BTS Design Produits, un Diplôme des Métiers d’Art (DMA) et un CAP tournage en céramique, quelques résidences et ateliers collectifs dans le sud de la France à Vallauris, à Antibes puis en Bourgogne, je viens de m’installer à Mirecourt dans les Vosges.

> Vous avez fait des études de design en arts céramiques. En quoi cela est-il différent d’un cursus classique en arts céramiques ?

Dans cette formation, en plus d’apprendre toutes les techniques de fabrication d’un objet en céramique, nous effectuions en amont tout un travail d’études préalables tel un designer (historique, existant, cahier des charges, analyse de la cible, concepts, maquette, dessins techniques...)
 

> Pourquoi avez-vous choisi cette voie et ce métier ?

À la suite de mes études de design produits, mon goût pour la création d’objets s’est affirmé et j’avais envie de maîtriser entièrement le processus de fabrication et de réaliser mes projets en autonomie de l’idée jusqu’au produit fini. Puis après une rencontre avec une céramiste et une immersion dans son atelier, la céramique m’a tout de suite fascinée car les possibilités formelles et esthétiques qu’elle offre sont infinies et variées.

Daviller Léa Roche Plutonique Daviller Léa> Pourquoi avoir choisi d’orienter votre production principalement sur des pièces utilitaires ?

Avec mes pièces utilitaires, je veux sublimer les petits instants simples du quotidien comme un petit café au soleil ou une tasse de thé au coin du feu. J’aime créer des objets et savoir qu’ils voyagent, vont être utilisés et observés, vont participer à une histoire familiale ou être offerts.

> Qu’apportez-vous de novateur à ce métier ?

Mes recherches et ma sensibilité me mènent vers une démarche de création avec une réelle direction : une dimension sensorielle. En effet, mon travail gravite autour de notre sens du toucher : expériences tactiles, pièces texturées, contrastes de terres brutes et émaillées. Il faut manipuler les céramiques pour se les approprier et les comprendre.
 

> Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Pour moi, l’art de la table et la cuisine sont intimement liés et j’ai tenté de réunir ces deux univers dans une esthétique gourmande. Je travaille notamment mes porcelaines à la manière d’un pâtissier, j’accumule des couches de crèmes de porcelaine texturées de « pépites de chocolat » ou « de praline » par exemple, je soupoudre de grains de mica sur mes tasses et je travaille à la poire des coulis de terre colorée.
 

> Quels sont vos projets professionnels ?

J’aimerais travailler avec des chefs cuisiniers, mettre au point une vaisselle surprenante sur mesure selon les mets, le style culinaire et l’ambiance du restaurant.
 

> Quelle est votre démarche artistique ?

J’ai souvent une volonté d’intégrer les sens dans mon travail et plus particulièrement celui du toucher. Comme les objets sont voués à être manipulés, j’aime ajouter une dimension tactile, des nuances dans le toucher et dans la matière, sentir différentes textures et ainsi faire voyager l’utilisateur grâce à sa mémoire tactile et ses sensations.

Daviller Léa Forêt Noire Daviller Léa

> Quelle importance accordez-vous au retour du public qu’il soit positif ou négatif ? Vous influence-t-il dans votre travail ?

Pour moi, l’opinion du public est un vrai moteur dans mes créations, j’aime avoir le retour des utilisateurs, discuter des pièces, comprendre leur point de vue, cela me permet d’améliorer mes produits et de rectifier certains détails.

> À votre avis, de quelle manière peut-on sensibiliser le public à la valeur ajoutée que représente une pièce unique par rapport à un objet issu d’une production industrielle ?

À mon sens, la sensibilisation peut se faire grâce aux artisans eux-mêmes lors de leurs interactions avec le public, en expliquant à ce dernier les différentes étapes de création et en soulignant la singularité de leurs pièces. Mais aussi en l’initiant à travers des démonstrations ou ateliers de création. Les expositions, salons ou marchés d’artisanat d’art sont également d’excellentes occasions pour créer ce type d’interactions.

> Qu’attendez-vous du salon résonance[s] ?

Le salon résonance[s] est pour moi l’occasion de gagner en visibilité afin d’engager de nouveaux partenariats avec des clients, collaborateurs, boutiques ou artisans mais aussi créer des liens et découvrir d’autres univers artistiques.